Avant toute décision thérapeutique, il est indispensable de consulter son médecin.

Qu’est-ce qu’un antivitamine K ?

Un antivitamine K est un médicament anticoagulant, c’est à dire un médicament qui ralentit la coagulation et donc la formation d’un caillot.

Il agit en s’opposant à l’action de la vitamine K qui favorise la coagulation sanguine. C’est la raison pour laquelle il s’appelle « antivitamine K ».

Il se prend par voie orale, généralement sur une longue durée (plusieurs semaines, plusieurs mois, voire toute la vie pour certaines maladies).

Son effet s’installe progressivement en 3 à 5 jours et disparaît également progressivement en quelques.

Anticoagulant

 Quand prescrit-on un antivitamine K ?

Un antivitamine K est prescrit pour empêcher la formation ou l’extension ou la récidive d’une « thrombose » ou d’une « embolie ».

Une thrombose correspond à la formation d’un caillot de sang (ou «thrombus») au niveau d’un vaisseau sanguin ou au niveau du cœur.

Une embolie correspond au détachement du caillot de son lieu de formation et à sa migration, par l’intermédiaire de la circulation sanguine, dans un vaisseau sanguin situé à distance, en particulier au niveau du poumon.

Les principales circonstances nécessitant la prescription d’un antivitamine K sont :

  • Phlébite (caillot dans une veine) ou risque de phlébite,
  • Embolie pulmonaire ou risque d’embolie pulmonaire,
  • Certains troubles du rythme cardiaque (fibrillations auriculaires), anomalies ou prothèse des valves cardiaques,
  • Certains infarctus du myocarde.

Il peut également être prescrit pour éviter qu’un cathéter ne se bouche.

 Quels sont les risques d’un traitement antivitamine K ?

Chez un patient traité, la prise d’antivitamine K expose à deux risques principaux :

  • L’hémorragie liée à un surdosage,
  • La thrombose liée à un sous-dosage

Il est donc important de bien surveiller votre traitement pour qu’il soit équilibré.

Pourquoi faut-il surveiller son traitement ?

En début de traitement, il faut rechercher la dose appropriée à chaque patient car la même dose d’antivitamine K n’engendre pas le même ralentissement de la coagulation chez tous les patients.

Puis, il faut effectuer une surveillance régulière tout au long du traitement pour éviter un surdosage avec risque d’hémorragie, ou un sous-dosage avec risque de thrombose.

Cette surveillance passe par le contrôle de l’INR.

Qu’est-ce qu’un INR ?

L’INR (International Normalized Ratio) est un examen de laboratoire réalisé à partir d’un prélèvement de sang.

L’INR permet d’évaluer l’activité du traitement antivitamine K.

Il mesure le temps de coagulation d’un patient et le compare à celui d’un sujet qui ne reçoit pas de traitement antivitamine K.

Chez un sujet non traité, l’INR est égal à 1. Chez un patient traité par un antivitamine K, plus le sang est « liquide, fluide », plus le temps de coagulation s’allonge et plus l’INR augmente (c’est-à-dire supérieur à 2).

Il est conseillé de toujours faire mesurer son INR dans le même laboratoire.

L’INR « cible » est la valeur d’INR à rechercher pour obtenir un traitement équilibré (sans risque d’hémorragie ou de thrombose).

Tube INR Test

Chez un patient nécessitant un traitement par antivitamine K, l’INR est adapté à chaque cas particulier.

L’INR « cible » dépend de la maladie pour laquelle le traitement est prescrit.

Dans la plupart des cas, l’INR doit se situer entre 2 et 3 (ce qui correspond à un sang qui mettra 2 à 3 fois plus de temps à coaguler que celui d’un sujet non traité par antivitamine K) :

  • Un INR inférieur à 2 reflète une dose insuffisante,
  • Un INR supérieur à 3 peut correspondre à une dose trop forte, avec un risque potentiel d’hémorragie.

Dans ces situations il faut contacter son médecin traitant.

Dans certains cas pour être traité efficacement, il est souhaitable d’obtenir un INR plus élevé compris entre 3 et 4.5

Dans tous les cas, un INR supérieur à 5 est associé à un risque hémorragique accru.

Un traitement équilibré correspond à un INR stable retrouvé lors de plusieurs contrôles consécutifs pour une même dose.

Quelles sont les valeurs d’INR à rechercher : INR « cible » ?

Chez un patient nécessitant un traitement par antivitamine K, l’INR est adapté à chaque cas particulier.

L’INR « cible » dépend de la maladie pour laquelle le traitement est prescrit.

Dans la plupart des cas, l’INR doit se situer entre 2 et 3 (ce qui correspond à un sang qui mettra 2 à 3 fois plus de temps à coaguler que celui d’un sujet non traité par antivitamine K) :

  • Un INR inférieur à 2 reflète une dose insuffisante,
  • Un INR supérieur à 3 peut correspondre à une dose trop forte, avec un risque potentiel d’hémorragie.

Dans ces situations il faut contacter son médecin traitant.

Dans certains cas pour être traité efficacement, il est souhaitable d’obtenir un INR plus élevé compris entre 3 et 4.5

Dans tous les cas, un INR supérieur à 5 est associé à un risque hémorragique accru.

Un traitement équilibré correspond à un INR stable retrouvé lors de plusieurs contrôles consécutifs pour une même dose.

 Quand doit-on contrôler son INR ?

En début de traitement, l’INR doit être mesuré fréquemment pour permettre de trouver la dose d’antivitamine K qui convient jusqu’à ce que l’INR « cible » soit obtenu, et ce à plusieurs reprises.

Une fois que la dose appropriée est déterminée, la fréquence du contrôle de l’INR peut diminuer progressivement, mais il devra être effectué au moins une fois par mois.

Certaines circonstances particulières peuvent provoquer un déséquilibre du traitement, en augmentant ou au contraire en diminuant sont effet anticoagulant. Ces circonstances, principalement représentées par la prise simultanée de certains médicaments, nécessiteront des contrôles supplémentaires de l’INR afin d’adapter la dose

Pour les modalités de diffusion du carnet de suivi AVK , vous pouvez obtenir des renseignements sur le site ansm-sante.fr

Dans quel cas suspecte-t-on une hémorragie ?

Il faut suspecter une hémorragie dans les circonstances suivantes :

Apparition d’un saignement, même s’il semble mineur :

  • saignement des gencives,
  • saignement du nez,
  • hémorragie conjonctivale au niveau de l’oeil (oeil rouge),
  • présence de sang dans les urines,
  • règles anormalement abondantes,
  • apparition d’hématomes (« bleus »)
  • présence de sang rouge dans les selles, ou selles noires pouvant traduire la présence de sang « digéré » dans les selles,
  • vomissements ou crachats sanglants,
  • Apparition d’une saignement d’une plaie qui ne s’arrête pas. Apparition de signes pouvant évoquer un saignement interne, non visible :
  • fatigue inhabituelle,
  • essoufflement anormal,
  • pâleur inhabituelle,
  • mal de tête ne cédant pas au traitement habituel,
  • malaise inexpliqué.

En cas de suspicion d’hémorragie,
il faut contacter rapidement votre médecin traitant.

Peut-on prendre des médicaments en même temps qu’un antivitamine K ?

Il est dangereux de prendre d’autres médicaments que ceux prescrits par un médecin, car un certain nombre de médicaments peuvent modifier l’action des antivitamines K.

  • Soit en augmentant leur effet (surdosage), avec risque d’hémorragie,
  • Soit en diminuant leur effet (sous-dosage), avec un risque de thrombose

La règle, très simple, consiste à ne jamais utiliser de médicament qui n’ait été prescrit par un médecin. Il ne faut jamais prendre un autre médicament de sa propre initiative, même ceux obtenus sans ordonnance par exemple  l’aspirine.

Cette règle s’applique en toutes circonstances, y compris dans des situations très banales, telles la survenue d’une douleur, d’un rhumatisme ou d’une infection, qui doivent amener à consulter votre médecin traitant.

Faut-il signaler que l’on prend un antivitamine K ?

Oui, pour éviter tout risque d’hémorragie, il faut toujours signaler toute prise d’antivitamine K au personnel médical et paramédical :

  • Médecin,
  • Dentiste,
  • Kinésithérapeute
  • Chirurgien,
  • Pharmacien,
  • Infirmier
  • Anesthésiste,
  • Sage-femme,
  • Biologiste, …

Portez toujours sur vous la carte mentionnant que vous prenez un antivitamine K figurant au dos du carnet d’information de suivi remis pas votre médecin, votre biologiste ou votre pharmacien.

Que faire en cas d'oubli de prise de ses AVK ?


Si vous oubliez de prendre votre traitement anticoagulant oral (AVK), vous pouvez prendre la dose oubliée dans un délai de huit heures après l’heure habituelle de prise. Passé ce délai, mieux vaut sauter cette prise et de prendre la suivante à l’heure habituelle, le lendemain. Il faut noter cet oubli dans votre carnet de suivi et prévenir votre médecin (ainsi que le laboratoire, si l’oubli survient peu de temps avant la prise de sang).

 

Que faire en cas d’infection ?

En cas d’infection (fièvre, grippe, angine,…), il faut consulter un médecin et lui signaler la prise d’antivitamine K, afin de ne pas déséquilibrer le traitement par la prise d’antibiotiques notamment.

Certains aliments contiennent de la vitamine K en grande quantité et peuvent modifier votre INR (en bloquant l’action des AVK) : brocolis, laitue, épinards, choux, choux-fleurs, choux de Bruxelles, par exemple. Ces aliments ne sont pas interdits, à condition de les répartir dans votre alimentation de manière régulière et sans excès. Ce qui est dangereux pour l’INR, ce n’est pas de consommer ces aliments mais d’en avoir une
consommation importante à un moment donné.

AVK et alimentation

AVK et chirurgie

Prendre un traitement par AVK expose à certains risques

En pratique, un INR situé entre 2 et 3 n’empêche pas de subir de petites interventions, chirurgie de la peau, injections dans les articulations (en cas d’arthrose par exemple), petite chirurgie de la bouche et des dents.

Une chirurgie plus lourde implique de cesser le traitement temporairement pour retrouver un INR inférieur à 1,5, voire 1,2 pour la chirurgie du cerveau.

AVK et grossesse

L’utilisation des AVK est contre-indiquée pendant la grossesse et l’allaitement. Il existe d’autres types de traitement anticoagulant que le médecin peut prescrire en cas de besoin. Si vous prenez des AVK, informez votre médecin si vous découvrez que vous êtes enceinte ou si vous souhaitez l’être.

 

AVK et voyages

En déplacement, pensez à emporter votre ordonnance, votre traitement en quantité suffisante, ainsi que votre carnet de suivi : certains AVK ne sont commercialisés qu’en France. En cas de voyage avec décalage horaire, demandez conseil à votre médecin pour ajuster vos horaires de prise. Attention, la valeur de l’INR peut varier entre deux laboratoires d’analyses, en particulier dans des pays différents. Renseignez-vous auprès de votre médecin.

Attention aux accidents et aux chutes !

Les personnes qui prennent des traitements anticoagulants par voie orale (AVK) doivent faire attention à se protéger de tout ce qui peut provoquer un saignement : sports violents ou à risque de chute ou de coupure, bricolage dangereux, etc. Les personnes âgées, davantage à risque de chute, doivent prendre les mesures adéquates pour sécuriser leur domicile et prévenir les chutes. Toute chute ou coup sur la tête doit systématiquement amener à consulter son médecin.

De plus, utilisez une brosse à dents souple (pour éviter de blesser vos gencives) et un rasoir électrique. Ne marchez pas pieds-nus et ne retirez pas vous-mêmes les cors ni les durillons de vos pieds.

 

Points à retenir

Pour une efficacité optimale tout en prenant un minimum de risque, il est essentiel de retenir les points suivants :

  • un traitement antivitamine K doit être pris tous les jours à la même heure (le soir de préférence),
  • il doit être équilibré : un surdosage est lié à un risque d’hémorragie et un sous-dosage à un risque de thrombose,
  • il doit être surveillé par le contrôle de l’INR au moins une fois par mois, si possible effectué dans le même laboratoire,
  • l’INR cible se situe généralement entre 2 et 3,
  • en cas de signes d’hémorragie, il faut immédiatement prendre contact avec un médecin,
  • il ne faut pas prendre d’autres médicaments de sa propre initiative.

Tous ces points vous sont rappelés dans le carnet d’information et de suivi remis par votre médecin, votre biologiste ou votre pharmacien .

Sources : ANSM

(Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé)

 AVK’ CONTROL